DALIA
“Avec” ou “Sans IA”, ça ne veut plus rien dire! Reformuler légèrement une phrase ou générer un paragraphe entier n’est pas comparable. Traiter cette question de manière binaire a créé beaucoup de tensions ces dernières années et amené de mauvaises réponses. Pour apporter plus de transparence et de nuance dans le débat, Niels Ackermann de l’agence Lundi13, Baptiste Lefebvre (Cetusss) du Bureau culturel genevois et Alex Pugin de l’agence TWKS ont créé DALIA: une échelle accessible à tou·te·s et simple à utiliser pour quantifier la part d’IA dans tout travail créatif. En 6 échelons (de D0 à D5), elle mesure le rôle de l’humain et de l’IA sur trois dimensions: qui trouve l’idée, qui l’exécute et qui juge le résultat, du travail entièrement humain au système intelligent autonome.

En apportant ce niveau de nuance, DALIA comble un vide énorme. Elle permet de poser des règles claires et logiques. Qu’il s’agisse de répondre à un appel d’offre, postuler pour une bourse, justifier le prix de son travail envers un client ou demander une recherche à des étudiants. C’est un outil qui peut être utilisé tant côté offre (artistes, étudiants, journalistes, etc) que demande (entreprises, institutions, agences de publicité, concours, etc).
Un des aspects fondamentaux de cette échelle est qu’elle réaffirme le rôle central de l’humain dans tout travail créatif. Qu’il fasse tout “tout seul” sans aucune aide algorithmique (D0) ou qu’il délègue toute l’exécution en se transformant en directeur artistique (D4), c’est à l’humain d’opérer des choix et de les assumer. Au niveau D5, le rôle humain est réduit à la conception du système initial, tout fonctionnant ensuite de manière autonome.
DALIA s’est lancée cette semaine (du 24 mars 2026). On prépare un site internet pour expliquer de manière simple comment cet outil fonctionne et pour mettre à disposition des ressources. En attendant, www.daliascale.org pointe sur la page Github du projet à laquelle vous pouvez contribuer si vous avez des suggestions. On a voulu l’instrument open-source pour que DALIA puisse bénéficier au plus grand nombre et s’adapter à la complexité du monde et à son évolution. Vous pouvez en créer des variantes ou l’intégrer dans vos projets (par exemple un label “Sans IA”).
On espère que DALIA va contribuer à apporter de la nuance, de la responsabilité et de la transparence dans toutes les réflexions autour de la cohabitation homme-machine. Pour ça il ne reste plus qu’à commencer à l’utiliser dans vos projets.
Niels Ackermann, Baptiste Lefebvre (Cetusss) et Alexandre Pugin
Article « Voici le «thermomètre de l’IA»: à Genève, le Bureau culturel propose de mesurer la part d’intelligence artificielle dans l’industrie créative » Le Temps, 30/03/2024